La rencontre de l'abstrait et de la réalité est toujours d'une brutalité sans précédent. Deux mondes dont les liens sont broyés par la pertinance des différences se retrouvent en pleine réfraction. Il n'y a pourtant rien de plus beau que ce nouveau mélange. L'ajout même d'un soupçon d'incertitude rend le duo singulier. Eprouvez cette longue mélancolie et reprenez le cours de vos vies. Appréciez une minute de romantisme bafoué, de ce que l'on pourrait communément appeler "nouvelle vague" et retomber dans cette routine qui fait tourner le monde comme une horloge éternelle. Il est des unions qui n'ont pas de sens, des associations de parenthèses qui ne se correspondent pas. Elles sont les plus belles. De par leur singularité première, de par leur innatendu flagrant et grâce à leurs bienfaits. Ce sont ces histoires faites au pied levé qui rendent les banalités heureuses. Tant de coeurs se croisent mais jamais ne se rencontrent, tant d'avenirs sont brisés par des malentendus. Revêtez vos voiles, cachez vos visages. Regardez ce qui, lâchement, traine derrière, une grosse trainée de poussière tracée sur le sol. Ce sont les remords et les regrets. Il est de coutume de les différencier mais leur union est bien réelle. L'un ne va pas sans l'autre. Et si séparer ces deux sentiments d'affliction peut aider certains, il ne semble pas adéquat de les prendre seuls. Car tous deux dégagent cette même émotion, ce même mal, qui lui, prend le même aspect, quelque soit sa nomination. C'est la nostalgie qui les uni. Ce triste regard dans le passé, cet espoir déchu. Le remord se marie au regret par le biais d'une nostalgie pimentée de mélancolie. Prenez ces quatre éléments, et souffrez en silence. Car il n'y a rien de pire que d'affronter un coeur déjà brisé. Les blessures se ferment, mais les cicatrices perdurent. Vivre avec un bout d'esprit encore ancré dans 'hier' est une maladie courante de nos jours. Savez-vous combien de personnes sont fascinnées devant ce film qui défile désormais en noir et blanc? Tant... Les motivations sont toutes différentes et se valent toutes. Refuser 'demain' et maudir 'hier' n'est pas en soi un acte dramatique. C'est le tournant de ces pensées qui rend à l'homme un sourire sempiternellement triste. Ce sont les questions et les accusations qui relancent chaque jour le triste processus du passé. Ce passé inachevé, qui n'a pas été abouti, qui aurait du l'être. Il n'a pas non plus été vécu en son temps, il a été négligé, dénigré. A l'époque il n'avait pas la même valeur, peut-être en avait-il si peu qu'il se distinguait à peine des autres. Mais l'avenir fait si peur que ce fragment potentiel d'aboutissement personnel a sombré aussi vite que son penseur. Ce n'est que le lendemain qu'on se rend compte que 'hier' ne sera jamais plus. Il est pénible de vivre heureux. Il n'y a pas de gens plus chanceux que d'autres, leur passé leur manquera forcément, même si celà doit être sur leur lit de mort, ils regretteront forcément ces jours finis qui resplendissaient tant au soleil. Demain est un jour noir. Un terme qui fait peur et qui fait fuir. 'Demain' n'a pas de sens exact, il est à la fois proche et si intemporel. Il est rempli de promesses et de menaces, il demande quelque chose en retour. Faîtes ceci pour demain, apportez-moi celà demain, demain vous verrez. Demain, demain! Un mot diabolique. Et les temps qu'on emploie pour hier sont tellement plus jolis, regardez comme 'jadis' sonne bien. Autrefois les gens se souciaient de leurs actuels problèmes, de nos jours nous ne savons plus où donner de la tête. Trois chemins, et aucun n'a de réponses.
Posez vos plumes.